Alfred Perlès, Le Quatuor en ré majeur, 1938

 

Perles

« Tout est lointain.

Depuis longtemps, j’ai regagné la rive du lac, de mon lac, du lac que je suis. Les pierres que la vie y a fait tomber ont touché le fond… presque le fond ; les spirales s’en vont en grandissant, se perdent à la surface ; elles ne parviennent plus jusqu’à moi.

Je suis loin. Ici, l’eau est calme, houleuse comme un sommeil. Le temps a étranglé le destin. Les années se sont glissées sous ma peau, elles m’envahissent comme un anesthésique. Et je ne ressens plus qu’une ahurissante indifférence.

Mais je ne souffre pas. Je ne flâne plus dans ce Paris que j’aime… que j’ai aimé ; la musique s’est tue à jamais, la femme est morte. Il ne me reste plus qu’un bout de vie qui ne tardera pas à s’évaporer dans un néant tout proche.  »

Alfred Perlès, Le quatuor en ré majeur, 10/18, 1984, p. 56.

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