Victor Serge, Les années sans pardon

Dimitri kirsanoff

« … Tu connais les yeux transparents de Noémi, leur attention éphémère et indécise, leur panique lumineuse… Noémi est calme, elle feint – surtout devant elle-même – d’avoir tout oublié, d’ignorer la guerre, elle feint de n’avoir plus peur de la peur. Elle relit toujours les mêmes livres, ligne à ligne, et je crois qu’elle ne lit pas en réalité mais s’abandonne à la rêverie que les mots suscitent en elle. Elle travaille à la maison en chantonnant. Parfois elle ne me reconnaît plus ou reconnaît en moi quelqu’un d’inconnu. Elle rit comme une enfant et dit : « Vous croyez me tromper ! Vous jouez bien son personnage ! Je ne vous en veux pas… » et je pense qu’en effet je joue bien mes personnages et qu’il ne faut pas m’en vouloir. »

Victor Serge, Les années sans pardon, Librairie François Maspero, 1971 (réédition aux éditions La Découverte 2003), p. 339.

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