Peter Schneider, Le Sauteur du mur, 1982

Capture d’écran 2015-05-03 à 12.10.15« En parlant avec Robert, ce que je cherche m’est apparu plus clairement : l’histoire d’un homme qui perd son moi et commence à devenir personne. Par un enchaînement de circonstances qui me sont encore inconnues, il devient un passeur de frontières entre les deux États allemands. Sans intention particulière tout d’abord, il commence à établir une comparaison et se trouve imperceptiblement gagné par une maladie qui épargne les habitants d’un domicile fixe. Dans son propre corps, et comme en accéléré, il vit le processus de division jusqu’à se sentir obligé de reprendre une décision dont il était exempté jusqu’à présent par sa naissance et le mode de société où il vivait. Mais plus les passages de l’une à l’autre moitié de la ville se font fréquents, plus le choix lui paraît absurde. Devenu méfiant envers les identités bâclées que les deux États lui proposent, il ne trouve son territoire que sur la frontière. Et si le philosophe a raison en affirmant qu’un trait d’esprit est toujours un épitaphe sur la tombe d’un sentiment, l’histoire ne peut devenir autre chose qu’une comédie. »

Peter Schneider, Le Sauteur de mur, Grasset, 1983, p.32-33.

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