Olivier Rolin, Tigre en papier

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« (…) Vous pensiez que l’histoire du siècle s’était écrite ici quand vous n’étiez pas nés, qu’elle continuait de s’écrire au plus loin de là où vous étiez. Vous n’aviez pas la moindre idée de ce que vous pouviez bien être, vous : à part des ombres d’autrefois, d’ailleurs. Vous viviez dans l’absence de ce que vous auriez pu être, en un lieu qui avait cessé d’être, dis-tu (essaies-tu de faire comprendre) à la fille de Treize. Mais pourquoi étiez-vous comme ça ? te demande-t-elle. Vous n’aimiez pas la vie ? Mais si nous l’aimions, mais, pardonne moi la formule trop… connue, nous pensions que la vraie vie était ailleurs, dans ce que le sabir maoïste nommait la « zone des tempêtes », le tiers-monde encerclant les métropoles impérialistes. Et on était trop intransigeants pour se satisfaire d’une fausse vie. Il y a des générations qui naissent en plein dans l’Histoire, en plein dans le mille. Et puis d’autres qui sont à côté de la plaque. On avait cette impression-là, nous. On était privés de grandes choses. C’était très orgueilleux. »

Olivier Rolin, Tigre en papier, Éditions du Seuil, 2002, p. 25-26.

Pix : Ricky Dávila, Todas las cosas del mundo.

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