Vertiges de la lenteur : Olivier Rolin et la Femelle du Requin

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Hier soir se déroulait à la Maison de la poésie les 20 ans de La Femelle du Requin, revue dans les marges qui privilégie des entretiens au long cours d’une rare pertinence. À l’instar de cet entretien avec Olivier Rolin paru en 2002 qui n’a rien perdu de son mordant.

« La Femelle du Requin Mais l’écrivain ne perd-il pas une partie de son pouvoir dans la déferlante des parutions ?

Olivier Rolin Si. On est tous jusqu’à un certain point soluble dans le bouillon contemporain. Enfin, tous… ça dépend de qui, de quoi on parle. Beigbeder ne peut pas fondre car il est fait de la même matière que ce bouillon. Volodine, Michon, Echenoz, d’autres – mon frère Jean, par exemple, et je ne dis pas ça par esprit de famille – nous faisons partie d’écrivains qui courent le risque d’être dissous dans la soupe, ça peut nous faire momentanément disparaître. Mais nous sommes plus importants que le bouillon : on ne peut pas nous confondre avec un bibelot de télévision, un bibelot spectaculaire. On ne peut pas nous « récupérer », comme disaient les gauchistes dans le temps, on ne peut pas faire de Michon un bibelot comme Beigbeder. En revanche, on peut nous dissoudre. C’est une guerre. On les aura… »

Entretien avec Olivier Rolin, in Vertiges de la lenteur, une anthologie de La Femelle du Requin, Le Tripode, 2015, p.50. (Dernière parution de la revue, le n°44 sur Patrick Deville)

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