Dérives #1 : Portbou

ivr91_98660498v_p

 

Portbou. Le train. La gare, céleste. L’hôtel Belvédère. Sous un ciel métallique, l’immense proue de béton se dresse face à la mer tel un vaisseau affrontant les affres de tempêtes millénaires. Vestige de temps révolus, où dans les années 30/40 l’hôtel était un lieu de refuge et de tous les passages entre l’Espagne et la France, un lieu de rencontre entre l’aristocratie et l’intelligentsia internationales alors en fuite, Walter Benjamin en tête. Reclus, épuisé après sept longues années d’exil à travers une Europe en plein naufrage où tous les fascismes étaient en pleine gloire. À croire que l’histoire se répète… C’est dans cette petite enclave espagnole aux confins du monde, dans cette ville frontière, où l’on a le vague et étrange sentiment d’être nulle part, que s’achèvera son voyage à coup de morphine, juste la dose fatale, l’écrivain philosophe sacrifié par un XXe siècle cinglant. Ce même siècle qui l’engendra, et engendra tout ce qu’il y eut de plus novateur – en matière d’écrivains, philosophes, peintres et autres, tous portés par de grandes utopies – et qui rejeta ses propres enfants dans la plus grande violence, fit de ses apatrides les grands orphelins de leur siècle.

Publicités
Cet article, publié dans Dérives, Littérature, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s