Yannis Kiourtsakis, Double exil, 2000

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« Paris renfermait en lui tant de nuit ! Avec une précision implacable, chaque crépuscule ramenait ces ténèbres qui immanquablement précipitaient tous les hommes dans l’amour et la mort, assignant à chacun sa part d’une vie commune mais toujours solitaire, le sommeil commun mais toujours solitaire de la grande ville… Le perpétuel retour de la nuit, son sempiternel présent, son présent cauchemardesque. Des corps qui s’ignoraient quelques instants auparavant et qui s’enlacent sauvagement dans un lit, avant de replonger aussitôt dans la solitude; des coeurs dont le pouls s’accélère, ralentit, puis se précipite à nouveau, quand les rêves tournent au cauchemar. La même histoire dans des milliers de chambres contiguës mais closes et isolées.  La même histoire dans des millions de corps, dans des millions de coeurs, qui, même s’ils se reflètent l’un l’autre, ne cesseront de s’ignorer jusqu’à la fin du monde.  »

Yannis Kiourtsakis, Double exil, Editions Verdier, 2014, p.48.

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